14 octobre 2015 : la journée des dupes

Voici ce qu’écrivait l’agence Belga sous le titre : « Piétonnier sur les boulevards du centre de Bruxelles – Le débat de fond n’a pas été absent de la réunion de la commission de concertation » :

(Belga) La commission de concertation de la Ville de Bruxelles a ouvert mercredi 14 octobre les échanges au sujet du projet de réaménagement physique des boulevards du centre transformés en piétonnier depuis la fin du mois de juin dernier. Au cours de la réunion qui a duré quelque 3h30, les échanges ont été par moments tendus entre les participants et les autorités représentatives siégeant au sein de cette commission de la Ville de Bruxelles, mais l’échevin de l’Urbanisme Geoffroy Coomans de Brachène (MR) n’a pas empêché ceux qui ont pris la parole de faire valoir des points de vue dépassant le cadre strict de la demande de permis d’urbanisme pour les travaux.

Les participants sont arrivés en rangs serrés dans la salle réservée à cet effet exceptionnellement au casino de Bruxelles, faute de place dans les locaux étriqués de l’administration bruxelloise. Fondamentalement, il y a eu peu de remarques sur le principe du remodelage d’une artère dont la configuration des années ’70 ne laissera pas un souvenir positif impérissable dans les mémoires des habitants. Un représentant des personnes à mobilité réduite a mis en exergue un certain nombre de difficultés que l’aménagement projeté risque d’engendrer pour celles-ci. A l’issue de la réunion, l’échevin de l’Urbanisme s’est dit sensible à cet argumentaire. Plusieurs intervenants ont épinglé le fait que l’aménagement projeté était fort figé et donc peu propice à des adaptations futures telles que la possibilité d’un jour faire circuler une ligne de transport en commun sur le piétonnier (tram ou bus). Plus largement, l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaines (ARAU) a déploré l’absence d’études d’incidences du projet de piétonnier lui-même et par conséquent l’absence de maîtrise de son impact en termes de mobilité, d’environnement, de commerce,… Le Bond Beter Leefmilieu a regretté l’absence de mise en place, dès le début du projet, d’un comité d’accompagnement auquel les habitants auraient dû être associés. (Belga)

En réalité, nous avons ni plus ni moins assisté à une séance d’épuisement des citoyens, qu’on laisse s’exprimer longuement, afin qu’ils redeviennent ensuite doux comme des moutons — avec l’espoir que les décideurs politiques tiendront compte de leurs arguments.

Au cours de cette séance, les techniques de manipulation les plus éculées sont utilisées : plonger l’assistance dans le noir afin de calmer les esprits, flatter l’ego des intervenants via une jolie photographe qui leur tire le portrait sous tous les angles, enregistrer leurs propos par l’intermédiaire d’un perchman pour donner l’impression qu’ils pèseront d’un grand poids lors de la discussion.

Cet exercice s’appelle la démocratie 1

Seule l’ARAU ne s’y est pas trompée 2, qui avait qualifié cette réunion de « mascarade ».

En réalité, tout était décidé à l’avance et le « show » de mercredi n’est qu’une aimable façade portant exclusivement sur des aspects somme toute mineurs du projet de « piétonnier géant » tels que la couleur des pierres ou la forme des bacs à fleurs…

Quant à l’accès des PMR, la Ville de Bruxelles ne semble pas en avoir fait sa priorité, loin de là !

Réunion de la Commission de concertation
Très élégant, l’échevin de l’Urbanisme Geoffroy Coomans de Brachène (MR) fait penser à Guy Lux animant Intervilles… mais son petit sourire en coin qui ne le quittera jamais — sauf lors de l’intervention de l’ARAU — le trahit : il sait pertinemment qu’il est en train de berner l’assistance
réunion de la Commission de concertation 2
Dans la grande salle du casino VIAGE, plus d’une centaine de personnes — dont beaucoup de commerçants — assistent aux débats, espérant naïvement infléchir le cours des événements…
ffffff
La Ville de Bruxelles étant soi-disant incapable de projeter les images autrement que floues, l’échevin Coomans propose alors de plonger la salle dans le noir « pour mieux voir », technique éprouvée pour apaiser les nerfs à vif de certains…
L'échevin tend le micro à M. Berlinblau
L’échevin Coomans tend « courtoisement » son micro à M. Berlinblau : son but n’est-il pas précisément de faire parler jusqu’à l’épuisement ?
Réunion de la Commission de concertation 1
Ce perchman recueille chaque avis exprimé oralement, donnant ainsi à son auteur l’impression que ses arguments pèseront d’un grand poids lors de la discussion
Réunion de la Commission de concertation 5
Cette charmante créature tire le portrait de chaque intervenant… ce qui flatte naturellement son ego et le fait rentrer dans le rang du « système » Mayeur
Cet homme dit être un artiste
Cet homme — qui se dit artiste et sans voiture — habite près du mini-ring : il est importuné par le trafic automobile dévié tout autour du « piétonnier géant »
Cet homme qui se dit favorable au piétonnier lit en réalité un texte sur son smartphone... quand son texte disparaît, il ne sait plus quoi dire !
Cet homme — le seul qui se dise favorable au piétonnier —  lit en réalité un texte sur le smartphone qu’il tient discrètement dans sa main droite… et quand son texte disparaît, il ne sait plus quoi dire ! Par la suite, il sera malgré tout interviewé par Télé Bruxelles…
Alain Berlinblau
Alain Berlinblau : sans doute trop distingué pour contrer frontalement le politicard roué qu’est Yvan Mayeur
Marie Nagy
Marie Nagy, l’écologiste, s’invite au débat, mais sans y participer… en fine politique, elle a compris depuis longtemps qu’il ne fallait rien attendre de cette journée des dupes

Allocution de M. Alain Berlinblau le 14 octobre 2015 (extrait) from Pierre-Yves Midrez on Vimeo.

  1. Ou plus exactement « le piège démocratique »
  2. Ce qui a d’ailleurs eu le don d’énerver l’échevin Coomans, par ailleurs si complaisant…