Même Atrium, l’agence officielle de la Région de Bruxelles-Capitale, ne perçoit pas la finalité du « piétonnier géant »

(Belga) La mise en piétonnier des boulevards du centre-ville de Bruxelles a eu un impact neutre à négatif sur la fréquentation des commerces, selon une étude menée par Atrium, l’agence régionale bruxelloise du commerce. Celle-ci appelle la ville de Bruxelles à définir un véritable objectif au projet.

Il existe « une quasi unanimité pour le principe du piétonnier, mais pas pour sa gestion », indique l’étude d’Atrium, présentée mercredi à Bruxelles en présence du ministre bruxellois de d’Economie Didier Gosuin. « S’il y a un terme à retenir, c’est celui de turbulences », a indiqué Arnaud Texier, directeur d’Atrium. « La fréquentation du piétonnier est volatile. D’un mois à l’autre, elle peut évoluer d’environ 10.000 personnes », relève Julien Bach, auteur de l’étude. « Ce n’est pas le cas dans la rue Neuve voisine qui se caractérise par une très grande stabilité de sa fréquentation. » Selon l’agence bruxelloise, le piétonnier du centre-ville est davantage soumis aux facteurs conjoncturels comme la météo ou l’agenda culturel. « Ce piétonnier tend à se comporter comme un parc public, prisé pour un usage récréatif plutôt qu’un usage commercial. » Ainsi, 42,1% des 233 commerçants interrogés estiment que la fréquentation des commerces a diminué dans la zone. Dans ses recommandations, Atrium appelle la Ville de Bruxelles, à l’origine du projet, à définir un véritable objectif à ce piétonnier. « S’agit-il de faire émerger un nouveau quartier commerçant ou créer un espace pivot pour les quartiers adjacents ? Cette question doit être tranchée », estime Atrium. Le ministre Didier Gosuin appelle à la conclusion d’une convention-cadre entre la Ville de Bruxelles et Atrium afin d’améliorer le développement commercial de la zone.

Emission Télé Bruxelles du 28 octobre 2015

Emission TV Brussel du 28 octobre 2015

Les « chiffres » présentés par Atrium nous étonnent…

Ils sont meilleurs que nous ne le pensions : si on veut « positiver », une majorité de commerçants n’a rien contre le piétonnier géant de Yvan Mayeur !

Que les quartiers Dansaert et Midi souffrent était assez évident, mais l’étude d’Atrium ne met pas en évidence un quelconque problème au niveau du boulevard A. Max.

Or, c’est le long de ce boulevard que le malaise est le plus perceptible, tant au niveau de la voirie (mise à sens unique et importants travaux Sibelga) qu’au niveau des commerces (nombreuses affiches PIETONNIER = MORT DU COMMERCE).

En revanche, la conclusion d’Atrium ne nous surprend pas : « S’agit-il de faire émerger un nouveau quartier commerçant ou créer un espace pivot pour les quartiers adjacents ? »

Imagine-t-on vraiment un piétonnier quasiment dépourvu de commerces, ceux-ci étant rélégués dans les quartiers adjacents (lesquels) ?
Imagine-t-on vraiment un piétonnier quasiment dépourvu de commerces, ceux-ci étant rélégués dans les quartiers adjacents (lesquels) ?

Cette conclusion en forme d’interrogation quant à la finalité même du projet est grave et montre l’amateurisme — si pas l’aveuglement — avec laquelle le projet de « piétonnier géant » est mené par Yvan Mayeur.

Ainsi donc, l’agence de la Région de Bruxelles-Capitale chargée de « stimuler » le commerce ne parvient pas à percevoir le but de ce projet de 20 millions d’euros qui bouleverse la capitale de l’Europe…

Cette photographie est presque une caricature : elle montre un groupe de touristes chinois photographiant n'importe quoi...
Cette photographie est presque une caricature : elle montre un groupe de touristes chinois photographiant n’importe quoi, devant, derrière, à côté… Sans doute la Bourse est-elle à leurs yeux l’équivalent d’un temple grec, bien qu’elle ait été construite à la fin du XIXe siècle

Si le « piétonnier géant » n’est pas lui-même bordé de suffisamment de commerces et se réduit à un simple « espace récréatif », nous voyons difficilement comment ce gigantesque corridor urbain purement piétonnier contribuera à une quelconque renaissance du centre-ville.

A l’exception de la Bourse — que les touristes chinois photographient comme s’il s’agissait d’un temple grec — il n’y absolument aucun édifice digne du moindre intérêt sur l’axe de Brouckère-Fontainas.

Au contraire… c’est même plutôt laid !