Menace terroriste sur les Plaisirs d’Hiver et le piétonnier de Bruxelles

On se croirait revenu à Alger en 1961 ou à Belfast dans les sinistres années 70 : des parachutistes en tenue de combat ratissent le centre de Bruxelles, et des blindés sont déployés aux principaux points stratégiques de la Ville : place de la Bourse, gare Centrale, etc.

C’est du jamais vu…

Ce dimanche 22 novembre, le Conseil national de sécurité vient d’entériner la prolongation du niveau de menace 4 décrété par l’OCAM : les écoles et universités bruxelloises seront fermées jusqu’à nouvel ordre, de même que les crèches, le métro et les centres commerciaux, dont la rue Neuve.

En cause : les cellules terroristes de l’Etat Islamique implantées à Molenbeek-Saint-Jean (commune limitrophe de Bruxelles-Ville…), possédant armes et surtout explosifs, sont prêtes à frapper Bruxelles après Paris ; certains terroristes seraient même des « rescapés » de la tuerie de Paris.

Dans la mesure où toutes les concentrations de personnes sont interdites dans des espaces accessibles au public tant que les terroristes de l’Etat Islamique n’auront pas été neutralisés, le sort des Plaisirs d’Hiver 2015 reste suspendu à un fil… bien près de se rompre, puisque le marché doit en principe débuter le 27 novembre !

Armée
Fusil d’assaut en main, des parachutistes en tenue de combat accompagnés de policiers armés sillonnent les rues du centre de Bruxelles, ici le « piétonnier géant »
Armée
Cette imposante colonne de blindés et de camions militaires est arrivée place de la Bourse via… le « piétonnier géant », que l’on croirait décidément conçu pour des opérations de cette nature
Devant la Gare Centrale...
Devant la Gare Centrale…
Place Sainte-Catherine
Place Sainte-Catherine, cette automitrailleuse s’est « planquée » entre deux camions…
Les Plaisirs d'Hiver dans l'angoisse ce 23 novembre 2015
Les Plaisirs d’Hiver vivent dans l’angoisse ce 23 novembre 2015 : pourront-ils ouvrir malgré le climat de terreur ambiant ?
Pendant ce temps, Bruxelles est devenue une ville morte : les commerçants ont baissé leurs volets
Bruxelles est devenue une ville morte : la plupart des commerçants ont baissé leurs volets
Et pendant ce temps, à Quiberon...
Et pendant ce temps, à Quiberon…

3 réflexions au sujet de « Menace terroriste sur les Plaisirs d’Hiver et le piétonnier de Bruxelles »

  1. Pas grand chose de neuf à Bronxelles: niveau 4 ou 3, c’est pareil – le centre est mort depuis le 29 juin 2015 – il y a simplement moins de survivants.
    Je frémis, après le 13 novembre, à la pensée que le 10e arrondissement pourrait être le Quartier Saint-Géry. Les voitures y circulent à pas d’homme – pas de place pour un blindé transporteur de troupes et Polbru a d’autres chats à fouetter.
    Vous allez fêter les 12 coups de 2016 au Times Square/Brouckère, vous? Si vous voulez de l’événementiel, vous risquez d’être servis… J’irais plutôt en thalasso, mon grand-père l’avait fait, ça lui avait réussi…

    Si les petites rues de notre quartier étaient fermées à la circulation, on aurait au moins cette – illusoire ? – impression de sécurité de ne pas devenir le stand de tir d’un innommable en voiture –
    Cet atroce abîme d’incompréhension et de douleur de voir des jeunes nés chez nous d’aveuglément tuer les leurs nous laisse interdits.
    J’ai au moins deux convictions : de un, les infirmières, qui les ont, les premières, tenus dans leurs bras, ont soigné leurs bobos, les institutrices qui leur ont appris à lire et à, si bien , parler français, elles l’ont fait avec amour et respect, et elles l’ont fait gratuitement. On ne me fera jamais croire que la Belgique, flamande, wallonne, et germanophone, n’est pas un pays aimant. Elle a toujours été, avant que personne d’autre ne vienne, multiculturelle.
    De deux, au-delà des imbécillités politicardes, il y a cette évidence – sans le pétrole, il n’y aurait pas de djihad.
    C’est clair: après coup, on est toujours plus malin (j’ai, en bouche, une expression de mon terroir beaucoup plus grivoise que je vous épargnerai) – imaginait-on dans les années 60/70, en pleine prospérité économique, sans grand remous im-migratoires, ce qu’allait entraîner une loi votant – à tout jamais ? – le regroupement familial ? Savait-on ce que certains princes lointains avaient en tête?
    Ceci dit, si, en 1973, la Belgique n’avait pas, en échange de la promesse saoudienne de toujours remplir ses réservoirs, donné la gestion des mosquées, à l’époque peu nombreuses, à des gens dont on n’a même pas pris la peine d’apprendre la langue, si on ne vendait pas tout ce qu’on a à de l’argent sale, pour qu’il se blanchisse chez nous et laisse quelques miettes dans des poches discrètes…
    Si nos voitures marchaient à l’eau, à l’amour ou à l’air, il n’y aurait pas besoin de piétonnier. Les véhicules rouleraient sans polluer (une voiture est parfois moins dangereuse qu’un cycliste inexpérimenté sur le piétonnier).

    Si nos voitures marchaient à l’eau, à l’amour ou à l’air, où serait le nerf de la guerre?
    Cette terre du Proche/Moyen Orient, découpée il y a des décennies par le froid calcul économique de dirigeants guerriers – que les chefs du coin n’avaient d’ailleurs pas attendus pour s’entretuer et que nous, personnellement, pauvres Walbano-Bronxellois, nous n’avons jamais connus – cette terre déchiquetée par tant d’obus, d’ignorance outre-atlantique et de haine, nous la laisserions tranquille. La source noire de ces malades de la mort pourrait bien couler, elle n’intéresserait plus aucun voisin, aucun consommateur lointain.

    Je viens de voir deux émissions sur Arte (une des rares chaînes à n’avoir pas froid aux yeux). Le Tigre et l’Euphrate, notre berceau à tous. Lacéré. Tout ça pour du pétrole.
    Ne me dites pas qu’il n’y a pas, quelque part dans un tiroir du CAC 40, des plans de fabrication d’un moteur à l’eau…
    C’est la COP 21. Good COP, bad COP. ET si on renversait la vapeur: bad COP, good COP ? Pas croissance à tout prix, à tout crucifix, mais progrès, intelligente simplicité. Regardez Monsieur Facebook, vous lui avez donné ses milliards, et lui, que fait-il? Il en donne 99% en un seul jour à une seule petite fille, la sienne. C’est ça, le résultat de l’innovation inexorable, de la recherche appliquée au profit pur et dur… De nouvelles sociétés se font maintenant du blé à coacher les pauvres petites filles riches – et leurs frères – à gérer leur milliardesque fortune…

    Il y a 40 ans, on a boycotté les oranges Outspan contre l’apartheid. Plus récemment, les Pays-Bas, comme un seul homme et sans fanfare politico-politicarde, se sont mobilisés, par le boycott à la pompe, contre Brentspar – descendons sur ce foutu boulevard pour revendiquer, tête nue, tête haute, le moteur à l’eau.

  2. RÉUNION DU CONSEIL COMMUNAL – Lundi 11 janvier 2016 – 16 H
    Lundi 11 janvier, 16 H –
    La démocratie communale en action : désolant…

    Nous ne sommes pas bien nombreux au banc des spectateurs.
    Faut dire qu’il est est interdit de poser des questions « spontanées » – soumettez-les par écrit, deux mois à l’avance, et vous aurez peut-être une chance : ça sent drôlement le rassi, la démocratie.
    Alors, pourquoi se déplacer ?

    D’autant que tout est joué – Il n’y a même pas de vote sur le point 1 du bourgmestre, pourtant supposé concerner le cahier de charges du réaménagement des boulevards du centre – tout au plus, une intervention consensuelle de mme Écolo sur la provenance des matériaux et le fait qu’on glisse sur la pierre bleue, toute noble qu’elle est, quand il pleut.
    L’autre point « piétonnier », n°14, Dossier de Mme l’Échevine Ampe, est retiré pour des raisons techniques. Voilà, l’affaire est dans le sac.
    La lecture des autres points de l’ordre du jour suscite bien des interrogations : paiement d’honoraires (faramineux) pour le nouveau stade, budgets d’églises, vente d’immeubles par la Régie foncière des Propriétés communales, entretien de jardins publics, contrat de quartier durable.
    Combien d’immeubles la ville possède-t-elle ? Qui les gère ? Qui décide des contrats de quartier ? Des accords avec les plans et autres schémas directeurs de la Région ?
    Le quorum de la majorité n’était pas réuni, parce qu’une Échevine était au Parlement régional. D’autres membres – d’autres partis – sont absents, sans doute au fédéral.

    C’est ça l’astuce. Ça s’appelle le cumul des mandats.
    Le pouvoir est obtenu par la bande (le citoyen ne vote jamais pour une coalition – à moins que ce ne soit une liste d’union nationale, laquelle doit auparavant se doter d’un programme politique annoncé au citoyen avant les élections – et ce n’est jamais arrivé en Belgique, me semble-t-il). Les partis étant du même acabit, ils s’entendent en comité restreint. Les listes électorales, c’était pour la façade, pour les cruches qui croyaient voter pour plusieurs candidats. Les nombreux postes, car, tiens tiens, nombreux sont les degrés et instances de gouvernement en Belgique, seront occupés par…les Mêmes, qui vont faire la navette d’une instance à l’autre (communal, régional, fédéral, communautaire, provincial etc).

    Puisque nous sommes au piétonnier, parlons im-mobilité. Chacune de ces instances produit son plan et son budget, décidé par les Mêmes, selon la casquette de l’instance en question.
    Le retard et les coûts accusés dans la mise en oeuvre de la politique urbaine s’expliquent bien entendu par le temps qu’il faut au Même régional d’aller au Même communal. Il y a plusieurs centaines de mètres d’un siège de gouvernement à l’autre, après tout, et maintenant qu’on ne peut même plus venir en auto et que le métro, c’est pas jojo, c’est encore pire.
    Il faut bien ça pour cultiver l’impression de la pluralité sans trop partager son bout de gras et tirer la couverture à soi…

    Sur le banc, deux personnes qui sont là pour la première fois. Elles pensaient que c’était la réunion de quartier. Elles habitent sur le boulevard même. Elles ont perdu…le sommeil. Des cris et des hurlements jusque tard dans la nuit. À l’aube, le bruit des camions nettoyeurs. Leur succèdent les camions livreurs. Quand ils partent travailler, le vomi au pied de l’escalier. À leur avis, l’idée est de vider le quartier de ses habitants, pour ne plus y avoir que des succursales de chaînes. Beaucoup de leurs voisins sont déjà partis. Près de chez moi, aussi.

    Vingt minutes plus tard, je suis dehors. Dans Bruxelles désolé.

  3. Mais quelle connerie ce piétonnier, quelle connerie!
    Je parie qu’aucun élu/coopté/coalisé du collège ne traverse le centre ville aux heures de pointe. Si vous avez des sacs à transporter, ou faites du co-voiturage, il vous faut vous payer la fatigue quotidienne de l’indignation citoyenne.

    Chaque fois que je dois faire le trajet Rue des Tanneurs – Rue Dansaert, il m’est écoeurant de voir l’aveuglement de ces salariés communaux qui, plutôt que de reconnaître avec élégance une erreur qui serait aisément oubliée, persistent pour ne pas perdre la face. Mais pourquoi faut-il piétonniser 300 mètres de large macadam en plein coeur de la ville???
    Qu’est-ce qu’on y gagne? L’étiquette de « plus grand piétonnier d’Europe »??
    J’ai mis 35 minutes pour revenir ce vendredi 21 janvier 2016 à 17 heures 30 de l’ACA rue des Tanneurs à la rue Dansaert en devant passer par le glauque ring du canal (Chaussée d’Anderlecht) super encombré. Hier, j’avais essayé de prendre une petite rue pour éviter le ring. J’avais mal au coeur de devoir tourner pendant 30 minutes dans un dédale de petites rues qui, sans le piétonnier, seraient restées bien tranquilles. Avant, je mettais 5 cinq minutes en passant par le boulevard et en tournant à gauche dans la rue Orts. Je polluais moins car je ne roulais pas au pas saccadé, et je ne me prenais pas un coup de sang à chaque fois devant l’incompétence de ceux et celles qui ont tracé l’itinéraire de soi-disant délestage.
    Les Pays-Bas sont maîtres dans l’art de la dissuasion routière. Business is business. On ne fait pas ses courses et on ne sort pas là où vit. Les grandes artères assurent la fluidité routière, et il est pratiquement impossible de traverser un quartier résidentiel, réservé aux riverains. Ici, par manque de curiosité et par fanfaronnade, on coupe une artère vitale, qui par ailleurs ne présente aucun intérêt particulier, et on force la circulation qu’elle permettait entre le nord et le sud dans de minuscules rues serpentines qui ne demandaient qu’à devenir piétonnières.
    C’est aberrant. Qu’on n’invoque pas l’air plus frais qu’on pourra respirer sur 300 m de sale asphalte. Auriez-vous plaisir à marcher sur une autoroute? La pollution est bien plus grande maintenant. Elle est sonore aussi et envahit des rues autrefois paisibles.

    Tout ça pour quoi? Pour qu’un élu laisse son nom dans l’urinal de l’Histoire ?

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