Un cas d’école : la taverne L’Espérance

Dans la petite rue du Finistère — reliant la rue Neuve au boulevard A. Max — est située la charmante taverne L’Espérance, du plus pur style Art déco (1930), à telle enseigne qu’elle fut classée en 2008.

Cet établissement — qui fait aussi hôtel — est donc bien situé tant du point de vue touristique (Notre-Dame du Finistère), que du point de vue commercial (City2).

Il possède également un site web permettant de réserver en ligne.

Ce lieu classé devrait donc logiquement constituer l’un des points d’articulation d’une politique de mise en valeur du centre-ville à l’occasion de ce que l’on pourrait appeler un « parcours découverte » distingué.

Or, il semblerait que rien de tel n’ait été mis en place par l’échevin du Tourisme, pas plus d’ailleurs que par l’échevine du Commerce.

La taverne est quasiment déserte, comme en témoigne notre photo.

Où sont alors les touristes ?

Ils vont, par bus entiers, manger chez Léon, une bonne adresse qui a su se vendre sans trop perdre de son authenticité (les touristes chinois, parfois très bruyants, sont installés au premier étage…).

Ils visitent la Grand-Place, laquelle constitue évidemment le haut lieu touristique de Bruxelles, puis vont errer sur le « piétonnier géant » (sur lequel se trouve d’ailleurs un restaurant chinois assez quelconque, mais très prisé… des Chinois) pour finir par filmer avec leur smartphone un spectacle de breakdance ou une manifestation folklorique kurde devant la Bourse.

Ce que nous voulons dire, c’est que l’écart entre le tourisme relevé, culturel, aisé et le tourisme de masse ne fait que s’agrandir et qu’il est inconciliable avec la conception prônée par Yvan Mayeur d’un centre-ville se différenciant des centres commerciaux périphériques par son caractère plus distingué et plus touristique.

Nous ne voyons vraiment pas en quoi la version finale du « piétonnier géant » — avec ses pierres bleues, sa fontaine à ras de sol et sa sculpture monumentale — va inciter les fleuves de touristes chinois, espagnols, etc. à alimenter en quoi que ce soit le patrimoine culturel ou les commerces du centre-ville de Bruxelles, si ce n’est le secteur horeca de moyen et de bas de gamme ainsi que quelques marchands de souvenirs et autres pralines proches de la Grand-Place.

Autrement dit, on retombe invariablement sur la formule : « Tout ça… pour ça ! ».

Yvan Mayeur aura provoqué la disparition de dizaines — voire de centaines — de commerces, qui n’ont même pas eu l’occasion de s’adapter ou de se reconvertir… pour mettre quoi à leur place ?

Les Galeries Lafayette ? Nous n’y croyons pas un seul instant, voir cet article.

Les commerces de luxe comme Hermès, Cartier, Gucci, Louis Vuitton ? Ceux-ci sont déjà positionnés dans le haut de la ville et nous doutons d’ailleurs que leurs affaires bruxelloises soient extrêmement rentables 1, vu la taille finalement assez modeste de la capitale de l’Europe.

Alors, quoi d’autre ?

Bruxelles n’est pas Barcelone 2 : nous avons certes la Grand-Place et quelques musées convenables à l’échelle européenne 3 mais Barcelone a infiniment plus d’atouts : la Méditerranée, Monjuïch et ses jardins, Tibidabo, las Ramblas, le Barrio Gotico, la Sagrada Famila et tout l’œuvre de Gaudi, le musée Picasso, la fondation Miro, un zoo fabuleux, etc etc .

Et en outre, Barcelone est propre !

En revanche, les dégâts causés par Yvan Mayeur en matière de circulation automobile et d’image de la Ville de Bruxelles seront, eux, au rendez-vous de 2018.

L'Espérance 1
L’une des dernières œuvres de l’architecte bruxellois Léon Govaerts, L’Espérance (1930) a été classée en 2008
L'Espérance 2
La charmante taverne L’Espérance est quasiment déserte alors qu’elle occupe une position stratégique tant du point de vue touristique que commercial…
L'erreur de Mayeur : croire qu'en posant quelques pierres bleues il pourrait faire de "BXL" une nouvelle Barcelone !
L’erreur — ou plus exactement la faute — de Mayeur : faire croire qu’en posant quelques pierres bleues et une fontaine il pouvait faire de « BXL » une seconde Barcelone, cité magnifique dont l’histoire remonte aux Romains !
Le jour où nous verrons "cela" à Bruxelles, nous commencerons à y croire...
Le jour où nous verrons « cela » à Bruxelles — c’est-à-dire des atouts touristiques majeurs —, nous commencerons à y croire… en attendant, la capitale de l’Europe est une ville de province dont le centre historique est devenu inaccessible par la faute d’un illuminé
En attendant, avec Mayeur, "BXL" est devenu "ça", une poubelle à ciel ouvert (rue du Midi, cœur historique, 29/9:2015)
Et en attendant, avec Mayeur, « BXL » est aussi devenu « ça » : une poubelle à ciel ouvert (rue du Midi, centre historique, 29/9/2015)
  1. Le but est sans doute de faire acte de présence…
  2. Barcelone est aussi beaucoup plus peuplée que Bruxelles…
  3. Et c’est malheureusement tout : le reste sont plutôt des curiosités commerciales, comme l’Îlot Sacré, le Sablon ou les boulevards de la Toison d’Or et de Waterloo… quant à l’Atomium, il semble qu’on n’en parle plus guère

3 réflexions au sujet de « Un cas d’école : la taverne L’Espérance »

  1. LE TEMPS PRESSE – L’ENQUÊTE PUBLIQUE SE TERMINE CE VENDREDI 2 OCTOBRE 2015.

    Si nous n’envoyons pas d’objection par écrit, le Collège pourra dire que la (pseudo) démocratie a été respectée. Vous n’avez pas vu l’Avis d’enquête? Pas étonnant: la petite affiche sur papier rouge foncé et sous plastic, accrochée à un poteau de signalisation passe parfaitement inaperçue.

    http://www.platformpentagone.be,
    http://www.pietonnier.brussels,
    des pétitions qui circulent dans les petits commerces
    le montrent bien – inutile de répéter ici toutes les bonnes raisons que nous avons de REFUSER les projets actuels : PU D918/2015 (De Brouckère, bd.du centre et alentours) et PU B918/2015 (Bourse et alentours), deux sites classés par l’UNESCO.

    SIGNONS MAINTENANT LA PÉTITION de http://www.platformpentagone.be (ou toute autre pétition)

    ET ÉCRIVONS À :

    cabinet.bgm.mayeur@brucity.be
    et
    Yvan.Mayeur@bruxelles.be

    alain.courtois@brucity.be; faouzia.hariche@brucity.be; Marion.Lemesre@brucity.be; karine.lalieux@brucity.be; karine.lalieux@lachambre.be; philippe.close@brucity.be; ourimoh@yahoo.fr; ahmed.elktibi@brucity.be; cabinet.g.coomans@brucity.be; els.ampe@brucity.be; ans.persoons@brucity.be

    Ainsi qu’à la Commission de concertation
    CommissionConcertation.Urbanisme@brucity.be

    POUR DIRE:

    1. NON AU PROJET ACTUEL

    2. OUI À DES PETITS PIÉTONNIERS parsemés dans le pentagone (St-Géry, Ste Catherine, Flandre, Maus notamment) car
    MOINDRES FRAIS et PLUS D’EFFETS

    3. RENDONS LES BOULEVARDS À LA CIRCULATION – et mettons-les en piétonnier certains jours de l’année (p.ex. la journée sans auto, ommegang).

    4. OUI À UNE ENQUÊTE INDÉPENDANTE AUPRÈS DE TOUS LES COMMERÇANTS PENDANT LA PHASE TEST, avec communication des résultats au grand public (via radio et télévision, Brusseleir, Vlan).

    5. OUI À LA CONSULTATION PÉRIODIQUE DES GROUPEMENTS CITOYENS PENDANT LA PHASE TEST

    6. LA PHASE TEST DE 8 MOIS, promise publiquement par le bourgmestre, doit être respectée – aucune décision ne peut se prendre, aucuns travaux ne peuvent se faire avant le 29 FÉVRIER 2016.

    QUELQUES DATES À RETENIR:

    1) Vendredi 2 octobre: fin de l’enquête publique

    2) Lundi 5 octobre – 16H: Séance publique du Conseil communal – à l’Hôtel de ville de Bruxelles

    3) Mercredi 14 octobre – heure pas encore fixée : réunion de la Commission de concertation
    ▪ Secrétariat de la Commission de concertation :
    ▪ Département Urbanisme de la Ville de Bruxelles
    ▪ Boulevard Anspach, 6 à 1000 Bruxelles
    ▪ Par e-mail : CommissionConcertation.Urbanisme@brucity.be

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