Victime du « piétonnier géant » de Yvan Mayeur, Michel témoigne

Ce commerçant du boulevard du Midi avoue une chute de chiffre d'affaires de 40%
Michel, 60 ans, commerçant du boulevard du Midi, avoue sur HLN avoir perdu plus de 40% de son chiffre d’affaires, ce qui est énorme : sa tenue excentrique témoigne d’ailleurs de son désarroi et résonne comme un appel à l’aide

Un an après son inauguration, il est temps de se pencher sur les conséquences humaines et psychologiques du « piétonnier géant » de Yvan Mayeur.

L’asphyxie lente et progressive d’un commerce, privé de sa clientèle, constitue pour son propriétaire une forme particulière de torture, a fortiori si d’autres facteurs viennent se surajouter :

  • sur fond de tendance persistante au déclin, des périodes d’espoir surviennent : dans le cas présent, l’expulsion médiatisée de Yvan Mayeur du restaurant Cécila laissait entrevoir la démission du bourgmestre de Bruxelles
  • de nombreuses personnes passent devant le commerce, mais ce ne sont pas les clients d’avant : ces nouveaux badauds n’achètent rien ou — pire — farfouillent
  • il est possible d’épingler un responsable unique de la perte d’activité, in casu Yvan Mayeur : le commerçant dépossédé concentre dès lors sur sa celui-ci toute son amertume1
  • d’autres commerçants profitent du « piétonnier géant » ou ne sont pas affectés par celui-ci
  • la cause de la désaffection du commerce est « physique » : dans le cas du « piétonnier géant » de Yvan Mayeur, les voitures des clients ne sont tout simplement plus autorisées à passer : le commerçant ne peut blâmer telle ou telle fatalité, comme une évolution technologique ou un accident
Alain Berlinblau
Alain Berlinblau, président du GCCB, figure dans le même article de HLN posté sur le site de Michel, mais il semble nettement plus serein (et bronzé) : en effet, son commerce est situé à l’intérieur du complexe City2. On remarquera par ailleurs qu’à côté des commerçants qui déchantent, d’autres font la fête, ce qui doit être particulièrement agaçant !

C’est donc le caractère lent et progressif, perçu comme essentiellement inexorable, du déclin de l’activité commerciale qui est à l’origine de cette forme particulière de souffrance morale se situant à mi-chemin entre burn-out et dépression masquée.

Le célèbre autocollant « Non élu – Pas le bienvenu » conçu par Michel en réaction au « piétonnier géant » de Yvan Mayeur : Michel en collait même… sur les voitures de police !
Le célèbre autocollant « Non élu – Pas le bienvenu » conçu par Michel en réaction au « piétonnier géant » de Yvan Mayeur : Michel en collait même… sur les voitures de police !

Source : HLN

  1. Ce qui fut effectivement le cas de Michel, concepteur de l’autocollant « Non élu – Pas le Bienvenu »