Villo! échoue à Bruxelles

(Belga) Le système bruxellois de vélos partagés Villo! a enregistré un recul de près de 10% en 2015. Le nombre de trajets a baissé de 150.000, à 1,5 million, malgré l’ajout de 21 stations, rapporte mercredi la chaîne régionale Bruzz. Fin juin, il avait pourtant été annoncé que la vente d’abonnements journaliers et annuels avait triplé depuis les attentats.

Le 16 novembre 2015 à 14h30 : toujours rien...
Rue Devaux, sous la pluie, une interminable rangée de Villos! attend en vain le client : était-ce vraiment une bonne idée ? Avant le « piétonnier géant » de Yvan Mayeur, les gens utilisaient les Villos! pour se rendre du haut vers le bas de la ville… mais pas dans le sens inverse, car la remontée était trop exigeante physiquement ; les Villos! s’accumulaient alors dans le bas de la ville, rendant du même coup leur emploi impossible à partir du haut, puisque leur nombre est forcément limité. Depuis l’installation du piétonnier, le centre-ville de Bruxelles s’est désertifié… et le cycle des Villos!, déjà interrompu par la différence d’altitude haut-bas de la ville, s’est retrouvé à l’arrêt faute de combattants

Le nombre de trajets avait augmenté de 25% et le nombre de stations doublé entre 2011 et 2015. Villo! n’a pas encore atteint ses limites, mais le système ne parvient pas à régler des problèmes structurels comme les différences d’altitude qui obligent l’exploitant JCDecaux à déplacer les vélos, selon Bruzz. Contrairement à Anvers, où 3,5 millions de trajets ont été effectués au départ de l’une des 150 stations en 2015 et où cinq équipes s’occupent continuellement de ces relocalisations entre 6h00 et 22h00, Villo! ne réalise que trois tournées par jour, à 5h00, 11h00 et 17h00. Les distances entre stations sont aussi plus importantes, souligne-t-on du côté du ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet.

Plus besoin de rapporter la bicyclette VILLO !
Il n’est même plus besoin de rapporter la bicyclette Villo! à la station : il suffit de l’abandonner place de la Bourse…

Compte tenu de la problématique du centre-ville de Bruxelles, devenu quasiment inaccessible et peu fréquenté, il n’est guère étonnant que l’activité des Villos! ait chuté considérablement.

Armée
Qui aurait envie de se rendre dans ce centre-ville ? Le lockdown de novembre 2015, les attentats de mars 2016, l’affaire des tunnels bloqués et évidemment l’absurde piétonnier central ont eu raison du Pentagone de Bruxelles !
Station N°9
La très longue station Villo! n° 9 Anneessens-Lemonnier est installée en plein milieu de la partie orientalo-maghrébine du Pentagone bruxellois : c’est sans doute logique d’un strict point de vue géographique, mais complètement aberrant du point de vue des utilisateurs de bicyclettes partagées…
Ces deux photographies
Ces deux photographies de la station Villo! n° 9, prises un vendredi à 15 heures, montrent l’échec total du système Villo! en raison de la topographie particulière de la capitale de l’Europe — ville à deux étages —, et surtout du « piétonnier géant » de Yvan Mayeur, lequel a chassé toute forme de vie « convenable » du centre-ville de Bruxelles : la station est quasiment à l’abandon. D’une manière générale, on ne voit d’ailleurs personne circuler à Villo! dans cette partie de Bruxelles : « ça ne se fait tout simplement pas ! » nous dit-on. Le panneau publicitaire JCDecaux présente à cet égard une publicité que les habitants du cru ne doivent guère priser, car les femmes de ce quartier sortent plutôt voilées…

Voir en néerlandais : article de Bruzz

Il est méritoire que Bruzz
Il est méritoire que Bruzz — média flamand — place sur son site des articles traduits vers le français, mais on sent un peu trop que le translateur est néerlandophone : aucun francophone n’écrirait de cette manière, et ce genre de texte hybride ne fait, à la longue, qu’affaiblir la langue de Molière…

Voir en français (approximatif) : article de Bruzz(fr)