Voyez-vous un piétonnier central à Londres ?

Piccadilly : de larges trottoirs et deux bandes de circulation par sens garantissent une cohabitation harmonieuse entre véhicules automobiles, piétons, cyclistes et… commerçants ; une mention spéciale doit être faite pour la propreté, la sécurité et l’efficacité des transports en commun, surtout le métro : c’est réellement tout le contraire de Bruxelles !

A force d’entendre Yvan Mayeur vanter sans arrêt son « piétonnier géant », on finirait par croire que la plupart des grandes villes européennes possèdent un piétonnier en leur centre.

La majestueuse Regent Street est un peu plus large que le boulevard Anspach, mais nettement plus belle : il n’y a ici ni Yvan Mayeur ni Pascal Smet… et ça roule ! Et quand nous disons « belle », nous ne visons pas que les bâtiments : il n’y a ici ni clochards, ni SDF, ni saleté comme à Bruxelles

Or, c’est tout à fait faux : ainsi, ni Paris ni Londres ne comportent un piétonnier central !

En revanche, Leicester Square est piétonnier, mais il s’agit d’une place : Yvan Mayeur n’a pas compris qu’on « piétonnisait » les petites rues et les places, pas les grands boulevards ; il a fait tout le contraire : il a rendu piétonniers de grands boulevards et a dévié la circulation automobile vers de petites rues moyenâgeuses ; ainsi, le Manneken-Pis est frôlé par un trafic automobile dense alors que les boulevards Max et Anspach — pourtant conçus à cet effet — sont vides ; peut-on imaginer conception de l’urbanisme plus stupide ?

A Londres, les pistes cyclables brillent par leur absence : les autorités londoniennes n’ont pas estimé utile de bloquer le trafic en supprimant une bande de circulation dans chaque sens pour la transformer en piste cyclable.

A Bruxelles, des imbéciles (le mot n’est pas trop fort) ont transformé la sympathique place Saint Géry — qui se serait prêtée admirablement à une conversion en piétonnier — en carrousel pour automobiles : le résultat est épouvantable : les gaz d’échappement polluent les cafés, et des bornes en fonte défigurent le site ! Ces voitures ne peuvent ni se garer, ni rejoindre le boulevard central (puisqu’il est piétonnier…) ; il existe même des vidéos d’automobilistes français piégés dans le circuit autour des halles Saint-Géry et tournant indéfiniment sans jamais trouver d’issue en raison des sens interdits

Un cycliste y est considéré et respecté comme un usager « normal » de la route : vu la relative lenteur du trafic londonien — qui dépasse rarement 50 km/h dans le centre —, le cycliste évolue à la même allure que la moyenne des véhicules et ne constitue donc pas un obstacle.

Voici l’équivalent bruxellois de Regent Street : le boulevard Anspach ; une perspective d’une indicible laideur : partout des immondices, des commerces à l’agonie… et pas âme qui vive ! Le pire de tout est que le gars qui a causé ce désastre se prend pour un génie !

Comment Londres a-t-il réussi là où Bruxelles — plus exactement Yvan Mayeur — échoue ?

a) le conducteur désireux de pénétrer dans le centre de Londres doit s’acquitter via Internet d’une congestion charge ; une telle redevance n’existe pas à Bruxelles, ne serait-ce que pour accéder au Pentagone ;

b) à Londres, le stationnement en voirie est assez limité et les parkings publics relativement rares ; à Bruxelles, la situation est totalement contradictoire : Yvan Mayeur veut tout à la fois restreindre l’accès des automobiles au centre-ville, mais en même temps les inciter à s’y garer dans de grands (et très nombreux) parkings publics ;

c) le métro londonien fonctionne très bien ; celui de Bruxelles est une horreur : ce n’est qu’un pré-métro sale et dangereux ; en outre, les bus ne parviennent pas au centre de Bruxelles (très grosse erreur…) ;

d) à Londres, aucune bande de circulation n’a été supprimée au profit des cyclistes et les grands axes de circulation (Piccadilly, Regent Street, Oxford Street, etc.) ont été respectés au titre de la fluidité du trafic ; à Bruxelles, Pascal Smet supprime des bandes entières — de surcroît des deux côtés — pour les consacrer à quelques rares cyclistes qui peinent à remonter du bas vers le haut de la ville (alors que Londres est plutôt plat) ;

e) enfin, Londres n’a pas créé des piétonniers contre-nature comme celui de Bruxelles : sont piétonnières de petites rues commerçantes (p.ex Carnaby Street) ou des places (Leicester Square) ;

Le secret de la réussite de Londres ? Le bon sens. Ce qui a tué Bruxelles ? Des incompétents comme Mayeur et Smet qui ont voulu « laisser leur marque » sur la ville… Le contraste entre Londres et Bruxelles est absolument saisissant !