Yvan Mayeur devient de plus en plus nerveux !

C’est un phénomène bien connu : plus un grand projet est controversé, plus son concepteur veut l’imposer.

Dans un premier temps — l’été 2015 — Yvan Mayeur recherchait les hommages, le contact avec la presse et le peuple : il semblait heureux, voire euphorique.

Le temps de l'euphorie et des bains de foule...
Le temps de l’euphorie et des bains de foule… (photo de couverture du profil Facebook de Yvan Mayeur)

Et puis, il y a eu la rentrée de septembre et une évidence : les clients aisés et/ou motorisés évitaient le centre-ville de Bruxelles, les commerces périclitaient, et une faune douteuse s’installait sur son « piétonnier géant ».

"Cet homme est-il normal ?"
… et puis le temps des revers et la tête des mauvais jours

Le mot d’ordre à l’époque était : « pas d’incident ! ».

Il ne fallait en aucun cas donner à la presse un motif de publier des choses négatives à propos du piétonnier.

Quand un utilisateur du « piétonnier géant » se faisait agresser, la police n’intervenait que du bout des doigts, comme gênée.

Et quand on photographiait — même d’assez loin — un policier, celui-ci demandait parfois : « Ai-je fait quelque chose de mal ? Que me reprochez-vous ? »

Ensuite, fin octobre, il y a eu le rapport d’Atrium et le désaveu public par une partie du gouvernement de la Région : Yvan Mayeur s’est depuis fait très discret.

Depuis le 1er novembre, sa police est sur les dents, au point même d’interdire dans certains cas de photographier le piétonnier : « Qu’est ce que vous venez de photographier ? Je vous demande d’effacer cette photo » dit assez courtoisement un policier le 10 novembre 1

La photo interdite en version floutée
La photo interdite en version floutée : on y voit un policier qui contrôle les papiers d’un automobiliste circulant sur le « piétonnier géant » ; avant le 1er novembre — et certainement avant le 1er octobre —, ce type de scène était peu fréquent

Les automobilistes semblent quant à eux beaucoup plus contrôlés qu’auparavant, d’une manière qui paraît même excessive : immobilisation de longue durée, file d’attente de véhicules, poursuite à vélo… avec à la clé des amendes salées.

Cet automobiliste allemand se souviendra longtemps de sa visite à "BXL" !
Cet automobiliste étranger se souviendra longtemps de sa visite à « BXL » !

Nous parlions dans cet article de Berlin-Est : « BXL » commence vraiment à y ressembler…

Car Yvan Mayeur a fini par comprendre que la véritable bataille engagée était celle de l’image.

Il y a le peuple, la masse des gens qui déambulent plus ou moins bêtement sur cet espace aussi gigantesque que vide qu’est devenu le boulevard Anspach, et qui ne risquent rien tant qu’ils ne portent pas atteinte à l’image du piétonnier.

Celle foule a même droit périodiquement à de petits spectacles de rue baptisés « événements » (qu’on leur demande pourtant de payer…).

Et puis, il y a tous ceux qui dérangent les plans de Yvan Mayeur et qu’il faut « neutraliser » dans toute la mesure du possible : journalistes, photographes, publicistes, activistes, automobilistes et autres livreurs circulant sur le piétonnier — surtout les étrangers ; ces indésirables-là sont neutralisés avec insistance, mais encore assez courtoisement.

En revanche, les SDF et autres clochards semblent — enfin ! diront certains — avoir rejoint la catégorie des indésirables officiels de la Ville de Bruxelles : on en voit encore, mais moins.

Et surtout, l’imposante et dangereuse colonie de SDF qui campait devant le BRICO a été démantelée… dans la discrétion.

Les seuls à ne pas encore avoir été inquiétés sont les cyclistes : leur tour viendra tôt ou tard.

  1. La dernière fois que nous avons entendu ce genre de langage, c’était réellement… à Berlin-Est ! Même à Belfast, les soldats britanniques ne faisaient pas la chasse aux journalistes